J’essaye sincèrement de faire abstraction du fait que je n’entretiens pas du tout ce blog, mais ma culpabilité judéo-chrétienne me le fait sentir quand même. En même temps, je pourrais vous donner aussi des tonnes de raisons ultra-légitimes (les vacances, le boulot, la recherche d’un colocataire) qui justifieraient le manque d’articles récents. Bon. Cela dit, (vous pouvez considérer que ce paragraphe était un genre d’excuse / justification), on pourrait aussi parler d’un sujet hautement plus important.
Vous avez remarqué vous comme c’est devenu difficile de choper de nos jours ? Ok, les garçons sont devenus de fragiles créatures qui ont perdu tous leurs repères et n’osent plus t’envoyer un message de peur de passer pour un harceleur pervers, et les filles n’ont pas encore 1 000 ans d’amour courtois derrière elles pour savoir précisément comment s’y prendre. Nous donc vivons dans un flou général, comme si l’autre sexe était un animal sauvage à apprivoiser. Résultat : on fait tout de travers, on devient tous meilleurs amis, annihilant au passage toute possibilité de romance (voire moins), on devient colocataire, et plus personne ne chope IRL. Pour rééenchanter tout ça, on a bien inventé les sites de rencontres, mais, malgré mon amour infini, ma dévotion envers les internets, c’est le seul aspect de ma vie que je ne confierais pas au web (probablement à cause de cette croyance puérile qu’un matin, en allant chez mon boulanger en jogging, je rencontrerai l’homme de ma vie). Sans mode d’emploi, la drague devient un jeu de roulette russe : 1 chance sur six de rentrer avec quelqu’un, 5 sur six d’être prise pour une nymphomane / un pervers polymorphe. Oh d’accord j’exagère un brin. Mais vous savez qu’il y a des pays où tout art de la drague s’est perdu ? Où les gens ne savent plus s’approcher, au point de mettre l’avenir du pays entier en péril avec un taux de natalité ridiculement faible ? (Peut-être pas des pays, peut-être juste un pays, l’Allemagne, à en croire cette analyse). En vérité je vous le dis, il s’agit d’un vrai problème national, d’un enjeu qui nous dépasse (et la crise de l’euro, c’est du pipi de chat à côté). Heureusement, j’ai LA solution (oui, et parce que je suis modeste, je vous demanderai d’attendre un peu avant de me décerner la médaille du mérite).
Au fond, le vrai problème, c’est qu’avant, on savait séduire : on baratinait, et ça fonctionnait (bon, basiquement, les mecs faisaient ça, et les filles se laissaient faire…ou pas). Mais mieux que ça, le monde avait à sa disposition une arme de séduction massive. Le slow. Oui, ce truc ringard, que vous avez dansé pour la dernière fois en 1998, en colonie de vacances, avec un garçon de 14 ans qui ne savait pas maîtriser son émotion (et, si vous étiez un peu niaise comme moi, vous vous demandiez ce qu’il pouvait bien avoir dans ses poches de jean). Le slow, ça paraît un peu nul, mais en même temps, si on y réfléchit, pourquoi Dirty Dancing est le film le plus regardé des filles de 17 à 32 ans ? Parce qu’il est question de ça : l’espace de trois minutes, l’occasion de se taire et de juste laisser faire la magie (je vous accorde qu’amener le mec rencontré plus haut à la boulangerie à danser un slow, c’est plus facile dans une comédie musicale). Trois minutes pour faire connaissance, sans déblatérer des idioties sous l’effet du stress (qui a besoin de savoir que vous avez lu tous les Martine, et que Martine petit rat de l’opéra était votre préféré ?), c’est tout ce dont on a besoin. C’est pourquoi je demande solennellement, comme un impératif de survie : Réhabilitons le slow !
La prochaine fois (espérons pas dans six mois), je vous parlerais d’un sujet complètement différent. En attendant, dansons ! un slow évidemment (même 10cc est autorisé). Incroyablement pas original, et un poil putassier, je vous l'accorde, mon slow favori (j'espère que le réalisateur de la comédie musicale / biopic sur ma vie saura l'utiliser à bon escient)